Évaluation du Centre canadien d'engagement communautaire et de prévention de la violence

Contexte

La radicalisation, en particulier celle qui conduit à la violence, constitue une menace importante pour la sécurité publique. La prévention de l'extrémisme violent ainsi que la lutte contre celui-ci et les formes de préjudice qui y sont liées, comme l'extrémisme violent en ligne, constituent un enjeu complexe et en constante évolution. En 2017, le Centre canadien pour l'engagement communautaire et la prévention de la violence (le Centre canadien) a été créé en tant que centre d'excellence chargé d'assurer un leadership à l'échelle nationale dans le cadre de l'approche du gouvernement fédéral en matière de lutte contre la radicalisation menant à la violence (LRV). L'approche fédérale a été officialisée en 2018 avec le lancement de la Stratégie nationale de lutte contre la radicalisation menant à la violence (la Stratégie nationale). Le Centre canadien est chargé de la mise en œuvre de la Stratégie nationale.

Les activités du Centre canadien s'appuient sur quatre fonctions essentielles dont les opérations sont intégrées. La fonction « politiques » fournit des orientations pour soutenir l'élaboration de la législation et la prise de décision, tandis que la fonction « recherche » assure le suivi, la collecte, l'analyse et l'échange des renseignements pertinents. La fonction « mobilisation » coordonne les fonctions internes du Centre canadien ainsi que les activités de mobilisation des intervenants, notamment les activités d'échange de connaissances et de réseautage. Le Fonds pour la résilience communautaire (FRC) constitue l'élément principal de la fonction « programmes »; il apporte un soutien aux projets de prévention et d'intervention ainsi qu'au renforcement des capacités dans le domaine de la LRV.

Le Centre canadien a été lancé grâce à un financement annuel continu de 10 M$, dont 7 M$ sont alloués au FRC. Des augmentations pluriannuelles ont été prévues dans les budgets 2021 et 2024, cette dernière dans le cadre du Plan d'action national de lutte contre la haine, qui a apporté 6,5 millions de dollars supplémentaires par an jusqu'à l'exercice 2026-2027. Cet investissement comprenait une enveloppe supplémentaire de 3,5 millions de dollars par an pour le FRC, ainsi qu'un financement destiné à renforcer la capacité du Centre canadien à produire des rapports d'analyse de données et à faire progresser les engagements pris par le Canada à l'égard de l'Appel à l'action de Christchurch.

Le Centre canadien collabore avec un certain nombre de partenaires et d'alliés menant des activités très variées, tant à l'échelle nationale qu'à l'étranger. Les organismes partenaires du gouvernement fédéral incluent notamment Patrimoine canadien (PCH); la Gendarmerie royale du Canada (GRC); le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS); le Service correctionnel du Canada (SCC); le Bureau du Conseil privé (BCP); Statistique Canada (StatCan); et Affaires mondiales Canada (AMC).

Objectif et méthodologie de l'évaluation

L'évaluation visait à déterminer la pertinence, l'efficacité (atteinte des résultats) et l'efficience du Centre canadien. Elle a porté sur les exercices 2020-2021 à 2025-2026 et a été menée conformément à la Politique sur les résultats et à la Directive sur les résultats du Conseil du Trésor. La dernière évaluation du Centre canadien remonte à 2020.

Entrevues

On a mené 33 entretiens auprès d'informateurs clés. Parmi les personnes interrogées, mentionnons des membres du personnel de Sécurité publique Canada (SP), des agents d'autres ministères, des bénéficiaires du FRC, des représentants des provinces et des territoires (PT), ainsi que des partenaires étrangers.

Examen des documents du programme

Les documents et les ouvrages concernant le programme (p. ex. rapports gouvernementaux, articles et recherches universitaires) ont été examinés.

Données sur le rendement et les finances

Les données disponibles sur le rendement ont été examinées et les données financières du programme ont été analysées.

Contraintes

Certaines données sur le rendement et les résultats étaient limités ou en cours d'élaboration pendant la période d'évaluation, ce qui a réduit la capacité à évaluer les résultats à long terme. Les données les plus récentes et disponibles ont été utilisées pour étayer les constatations.

Constatations

Pertinence

Mandat et priorités

Constatation

Le Centre canadien continue de faire progresser les priorités définies dans la Stratégie nationale et constitue un élément clé des efforts continus du gouvernement du Canada pour lutter contre la radicalisation.

Le Centre canadien a pour mandat d'assurer un leadership à l'échelle nationale dans le cadre des efforts déployés par le Canada en matière de LRV. La portée de ce rôle, y compris l'approche fédérale en matière de LRV, est définie dans la Stratégie nationale élaborée en 2018. Celle-ci met l'accent sur les efforts de prévention, d'intervention et de désengagement. Dans le cadre de la Stratégie, ces efforts s'articulent autour de trois domaines prioritaires : l'acquisition, la communication et l'utilisation de connaissances; la lutte contre la radicalisation menant à la violence en ligne; et le soutien aux interventions.

Bien que la Stratégie nationale ait huit ans, les trois domaines prioritaires du Centre canadien ont été jugés toujours d'actualité. Tout particulièrement, la lutte contre la radicalisation menant à la violence en ligne est devenue un axe central des travaux actuels du Centre canadien et constitue un sujet de préoccupation reconnu à l'échelle internationale.

Le Centre canadien contribue également à la mise en œuvre du Plan d'action national de lutte contre la haine, une initiative fédérale créée en 2024 et dirigée par PCH, qui adopte une approche pangouvernementale en matière de lutte contre le large spectre de la haine et de la violence motivée par la haine.

Le gouvernement du Canada a continué à soutenir les travaux dans le domaine de la LRV en augmentant le financement alloué au Centre canadien et au FRC. Outre les investissements consentis au Centre canadien et au FRC dans le cadre des budgets 2021 et 2024, le premier ministre a déclaré, dans une annonce faite en juin 2026, que les travaux du Centre canadien visaient à « lutter contre la haine en ligne et l'extrémisme violent au sein de nos communautés ». Ce soutien continu démontre la pertinence à long terme du Centre canadien.

Modèle intégré du Centre canadien

Constatation

La colocalisation et l'intégration des fonctions essentielles du Centre canadien au sein d'un modèle de centre d'excellence constituent une approche efficace et unique pour soutenir son mandat et s'adapter aux imprévus et aux nouvelles tendances dans le domaine de la LRV.

L'efficacité du Centre canadien est étroitement liée à son modèle intégré de centre d'excellence. Le modèle permet de coordonner les activités liées aux politiques, à la recherche, aux programmes et à la mobilisation en un seul lieu central, et sert de fondement aux résultats obtenus par le Centre canadien dans l'ensemble de ses fonctions essentielles.

Il s'agit d'une approche qui facilite la collaboration et les synergies entre les fonctions essentielles. Par exemple, les personnes interrogées ont expliqué comment la fonction « politiques » alimente la recherche et les programmes en matière de FRC; parallèlement, le travail sur les politiques reflète les tendances repérées grâce à la recherche et aux activités de mobilisation menées auprès des partenaires, des bénéficiaires et des intervenants.

Les personnes interrogées à l'externe, mais qui ont une connaissance particulière du Centre canadien, ont démontré une compréhension cohérente de son approche intégrée et de la manière dont son modèle lui permet de faire face aux défis complexes et aux tendances associés aux activités de LRV, conformément à son mandat. En formulant un commentaire sur le niveau de collaboration, de travail d'équipe et de coordination observé entre les fonctions clés du Centre canadien, un partenaire du gouvernement fédéral a mentionné que [TRADUCTION] « l'équipe sur place est véritablement intégrée – ses membres travaillent réellement ensemble et communiquent entre eux; il ne s'agit pas simplement d'une intégration théorique sur le papier ». Des partenaires nationaux ont également suggéré que l'approche intégrée du Centre canadien (modèle de centre d'excellence intégré) est unique au sein du gouvernement fédéral canadien et des alliés du Groupe des cinq.

Les personnes interrogées à l'interne ont décrit la fonction « mobilisation » du Centre canadien comme la plaque tournante facilitant les occasions de collaboration. Cette fonction joue un double rôle : elle assure la coordination mutuelle des activités des fonctions clés du Centre canadien et relie ce dernier au monde extérieur.

Bien que les activités de mobilisation aient constitué un élément clé du travail du Centre canadien depuis sa création, une équipe expressément chargée de la fonction « mobilisation » n'a été mise en place qu'à la fin de l'année 2024, lorsque des fonds supplémentaires ont été alloués dans le budget fédéral. La création de l'équipe de mobilisation a permis de donner suite à la recommandation formulée dans l'évaluation du Centre canadien de 2020, qui préconisait de renforcer les actions de sensibilisation auprès des intervenants et des collectivités.

L'équipe chargée de la mobilisation a amélioré la prestation du programme, a organisé des réunions régulières entre les services internes afin de favoriser la coordination entre les équipes et a apporté un soutien supplémentaire lorsque cela s'avérait nécessaire. La capacité de coordination accrue a été jugée inestimable par le Centre canadien, en particulier lorsqu'il doit traiter des dossiers évoluant rapidement.

L'un des principaux effets de l'approche intégrée est la capacité de rationaliser les produits, les conseils et les recommandations du Centre canadien à l'intention des décideurs. De même, les partenaires externes et les intervenants ont décrit que l'approche centralisée favorisait la coordination, la communication et la collaboration, ce qui facilite l'obtention de résultats positifs.

Un partenaire international a soutenu que l'approche intégrée du Centre canadien constituait le meilleur modèle pour relever des défis complexes, car elle fournit les leviers nécessaires pour entretenir efficacement et simultanément des partenariats entre plusieurs ordres de gouvernement et des intervenants étrangers, ce qui apporte une valeur ajoutée à ces relations.

Le modèle du Centre canadien est considéré comme étant unique par divers partenaires, car il fournit une flexibilité et une expertise suffisantes pour financer des projets innovants, développer et échanger de l'information et des renseignements en temps réel, mobiliser des réseaux, adopter stratégiquement différentes approches et éclairer la prise de décision des alliés et des partenaires étrangers lorsque de nouvelles menaces se présentent. La réaction rapide du Centre canadien après l'incident qui a fait un grand nombre de victimes à Tumbler Ridge en 2026, notamment par la production de rapports analytiques et la collaboration avec les intervenants pour élargir les programmes, a été citée comme un exemple de la capacité du Centre canadien à se mobiliser rapidement pour apporter une réponse et un soutien aux communautés et aux partenaires à la suite de tels événements.

Selon l'enquête menée auprès des intervenants en 2025, le Centre canadien est considéré comme étant agile dans sa capacité à s'adapter à l'évolution du contexte de la menace ainsi qu'à prendre des mesures en conséquence. Les personnes interrogées ont salué le Centre canadien pour sa capacité à collaborer avec d'autres partenaires au sein du gouvernement, de la société civile et du monde universitaire, et à tirer parti de leur expertise combinée pour orienter les fonctions de politiques, de recherche et de programmes au service de la prévention des préjudices multidimensionnels attribués à la radicalisation menant à la violence.

Efficacité

Développement et mobilisation des connaissances

Constatation

Le Centre canadien a enrichi les connaissances sur la LRV à la fois grâce à des études de recherche externes financées par le FRC et à la mise en place de sa propre capacité de recherche interne. Il a également contribué à la mobilisation des connaissances en organisant des activités destinés aux intervenants, comme des ateliers, des formations et des séances d'échange de renseignements.

La mobilisation des connaissances, qui implique l'acquisition, l'échange et l'utilisation des connaissances, constitue le premier domaine prioritaire de la Stratégie nationale. Le Centre canadien a mis en œuvre cette priorité dans quatre activités principales : le financement de projets de recherche; les investissements directs dans la recherche et la coordination internationale; le soutien ou l'organisation d'activités d'échange de renseignements et de connaissances; et la production de renseignements principalement par l'équipe d'analyse de données du Centre canadien. L'élargissement du rôle de mobilisation des connaissances a été considéré comme une avancée significative depuis la dernière évaluation en 2020.

Les efforts du Centre canadien dans ce domaine prioritaire ont été globalement positifs.

Une large majorité des personnes interrogées, ainsi que des répondants à l'enquête auprès des intervenants de 2025, considéraient le Centre canadien comme un acteur clé capable de rassembler les partenaires pour faire progresser les priorités en matière de prévention et mobiliser les connaissances dans tous les secteurs. Les personnes interrogées ont en outre souligné que les travaux de recherche du Centre canadien sont diffusés au sein de ses réseaux, qu'ils sont à la pointe des travaux menés en matière de LRV et qu'ils constituent une ressource inestimable pour les partenaires et les intervenants, tant à l'échelle nationale qu'internationale.

Recherches financées par le FRC

À la suite du processus d'appel de propositions du FRC 2021-2022 et de l'approbation de projets supplémentaires entre 2022-2023 et 2024-2025, le Centre canadien a soutenu 21 projets nationaux et internationaux comportant un volet de recherche. Parmi les bénéficiaires figuraient des établissements universitaires, des organismes chargés de l'application de la loi et des services de police, des organismes gouvernementaux, des organisations dirigées par des jeunes, des associations professionnelles, des organisations non gouvernementales actives dans le domaine de la LRV et des prestataires de soins de santé. Ces projets portaient notamment sur la prévention précoce, l'espace en ligne, le travail en réseau, la jeunesse et le renforcement des capacités. Voici quelques exemples de projets de recherche financés :

Activités d'échange de connaissances

De 2023 à 2025, le Centre canadien a organisé ou coorganisé, en collaboration avec des organisations partenaires, un certain nombre d'activités d'échange de connaissances destinées aux partenaires et aux intervenants, notamment des webinaires virtuels et des séries « en chantier », ainsi que des formations et des ateliers proposés à la fois en présentiel et en ligne.

De plus, entre 2021 et 2023 (dernière année pour laquelle des données sont disponibles), le Centre canadien a soutenu 32 activités de mobilisation des connaissances grâce au financement de projets du FRC. La majorité des activités étaient des ateliers ou des colloques (22) organisés par diverses organisations. Toutes ces activités s'inscrivaient dans l'une des trois priorités précisées dans l'appel de propositions 2021 du FRC : professionnaliser la pratique, accroître la capacité de réagir aux répercussions et déterminer les préjudices, les vulnérabilités et les besoins.

L'activité de mobilisation des connaissances la plus importante organisée par le Centre canadien est sa série d'activités internationales, Megaweek. Sous l'égide du Centre canadien, l'événement Megaweek rassemble un large éventail d'acteurs œuvrant dans le domaine de la LRV, notamment des praticiens, des bénéficiaires du FRC, des homologues internationaux, ainsi que des représentants des gouvernements provinciaux et municipaux et des organisations partenaires fédérales. L'édition de 2023, organisée à Ottawa, a réuni 320 participants venus de 16 pays, tandis que celle du printemps 2024, qui s'est tenue à Montréal, a attiré plus de 400 participants issus de 16 pays. Vers la fin de 2025, Megaweek s'est déroulée à Toronto en présence de plus de 300 participants venus de 10 pays.

Dans l'enquête menée en 2025 auprès des intervenants, Megaweek a été choisie comme l'activité la plus utile proposée par le Centre canadien, 82 % des participants l'ayant jugée « extrêmement » ou « très » utile. Les personnes interrogées ont mentionné que l'activité offrait aux participants l'occasion de participer à un dialogue ouvert, ce qui favorise l'avancement de l'approche globale en matière de LRV. De plus, elles ont souligné que la Megaweek, tout comme les autres activités de mobilisation des connaissances du Centre canadien, offrait des occasions de réseautage, un accès à l'expertise et des connaissances pratiques qui ne seraient pas disponibles autrement.

Les personnes interrogées sont d'avis que ces activités soutiennent une communauté de pratique émergente et favorisent une compréhension commune entre les différents secteurs. Parmi les points à améliorer, mentionnons : l'organisation d'un appel de candidatures ouvert afin de permettre à d'autres partenaires potentiels de se manifester; l'élargissement de la représentation et des expériences vécues issues de vastes secteurs, comme l'éducation et les services à la jeunesse; la création de volets thématiques lors des grandes activités afin de se concentrer sur des sujets spécifiques; et une meilleure communication en ce qui concerne les activités, notamment grâce à des préavis plus longs et à une publicité accrue.

Équipe d'analyse des données

Le budget 2024 prévoyait explicitement un financement permettant au Centre canadien de mettre en place une équipe dévouée à l'analyse des données. La décision reposait en partie sur deux recommandations issues de la précédente évaluation du Centre canadien, effectuée en 2020, qui portaient sur la mise en œuvre de mesures visant à recueillir et à rendre compte des réalisations et des résultats du Centre canadien, ainsi que sur l'élargissement de son rôle en matière de développement des connaissances, y compris la production et la diffusion de travaux de recherche.

Le financement a permis au Centre canadien de renforcer sa fonction de recherche grâce au recrutement d'experts en la matière reconnus à l'échelle nationale et internationale, dotés d'un large éventail de compétences. Le Centre canadien a organisé les activités de recherche de l'Équipe d'analyse des données en deux groupes. Le Groupe d'évaluation des répercussions recueille des renseignements provenant des programmes de prévention et au sujet de ceux-ci afin de contribuer à étayer les données factuelles relatives aux activités de LRV et aux pratiques exemplaires. Son travail alimente les politiques et programmes de prévention à travers le Canada, et ses efforts de recherche actuels visent à renforcer le domaine de la LRV à l'échelle nationale. Le Groupe d'analyse des sources ouvertes crée des produits de connaissance à partir de sources ouvertes sur l'extrémisme violent, le terrorisme, la haine et les préjudices en ligne, y compris les nouvelles formes de violence extrémiste, comme le nihilisme et les espaces où celle-ci se manifeste, par exemple les plateformes de jeux vidéo et les réseaux sociaux.

Depuis la création de l'Équipe d'analyse des données à la mi-2024 jusqu'en juin 2026, le Centre canadien a indiqué qu'au total, 48 produits de données avaient été publiés (40) ou étaient en cours d'élaboration (8). Les personnes interrogées ont notamment souvent mentionné les produits qui suivent :

Bien que la valeur de ces rapports ait été soulignée, les partenaires et les intervenants ont estimé qu'il serait avantageux de rendre ces produits de renseignement plus accessibles à un public plus large, notamment aux agents correctionnels, aux collectivités, aux éducateurs et aux parents, au besoin. Parmi les suggestions figurait la création de versions « grand public » des produits de renseignement, rédigées dans un langage simple et résumées de manière à mettre en évidence les principaux risques ou constatations, afin de sensibiliser davantage le public et les collectivités. Bien que le Centre canadien dispose d'une vaste liste de diffusion pour transmettre ses produits de recherche à ses partenaires et intervenants, un certain nombre de personnes interrogées ont également mentionné qu'elles aimeraient bénéficier d'un meilleur accès à ces produits par l'intermédiaire d'un référentiel, comme un portail Web.

Élaboration de politiques et influence

Constatation

Le Centre canadien a amélioré les politiques dans le domaine de la LRV grâce à ses efforts visant à faire avancer les projets de loi, à fournir un soutien et des conseils stratégiques aux décideurs, ainsi qu'à sa collaboration avec des partenaires nationaux et internationaux.

Le Centre canadien participe, par l'intermédiaire de son équipe chargée des politiques, à un certain nombre d'activités, notamment en collaborant avec PHC pour élaborer une législation visant à lutter contre les préjudices en ligne, en fournissant un soutien et des conseils stratégiques aux décideurs sur les questions liées à la LRV, et en participant à des groupes de travail interministériels et intergouvernementaux et à des forums internationaux. Le Centre canadien est le chef de file du gouvernement du Canada sur la question du contenu terroriste et extrémiste violent en ligne. Les partenaires et les intervenants ont exprimé une opinion positive sur les contributions de l'équipe chargée des politiques en général, et plus de la moitié des répondants (56 %) au sondage mené auprès des intervenants en 2025 ont déclaré consulter activement les documents de recherche ou d'orientation élaborés ou soutenus par le Centre canadien.

Activités législatives

Les activités législatives de l'équipe chargée des politiques étaient principalement axées sur la collaboration avec d'autres ministères et organismes fédéraux, notamment PHC, le ministère de la Justice, la GRC et le SCRS, afin d'élaborer un cadre législatif complet permettant de repérer le contenu préjudiciable en ligne et d'y remédier. La coordination assurée par le Centre canadien entre SP et les partenaires du Portefeuille a contribué à l'élaboration de la Loi sur la sécurité des médias sociaux, qui a été déposée en juin 2026 et qui reflète des avancées importantes dans la lutte contre le contenu terroriste et extrémiste violent en ligne.

Soutien stratégique

Le Centre canadien fournit des conseils et des orientations stratégiques aux décideurs ainsi qu'aux partenaires et aux intervenants. L'équipe chargée des politiques soutient la participation du Centre canadien à un certain nombre de forums multilatéraux et internationaux. Par exemple, le budget de 2024 a prévu un soutien supplémentaire pour renforcer la capacité du Centre canadien à faire progresser les engagements du Canada pris dans le cadre de l'Appel de Christchurch pour supprimer le contenu terroriste et extrémiste violent en ligne, qui a été créé en réponse aux attaques terroristes commises en Nouvelle-Zélande en 2019. Cela comprenait le soutien du Centre canadien au ministre de la Sécurité publique, qui a tenu une séance consacrée à la radicalisation en ligne lors de la réunion des ministres de l'Intérieur du G7 en 2025. Le PDG de la Christchurch Call Foundation a participé à la séance en tant qu'expert. En octobre 2025, le Centre canadien a annoncé un financement afin de soutenir le projet Elevate de la Christchurch Call Foundation, visant à élargir l'accès des petites plateformes à des outils de sécurité reposant sur l'intelligence artificielle, dans le but d'améliorer les capacités de détection et d'intervention pour lutter contre le terrorisme et l'extrémisme violent en ligne.

En 2025, dans le cadre de ses activités soutenues par l'investissement prévu dans le budget de 2024, l'équipe chargée des politiques du Centre canadien a lancé un nouveau groupe de travail interministériel (GT) sur la lutte contre le contenu terroriste et extrémiste violent (CTEV). Dirigé par le Centre canadien, le GT CTEV réunit plusieurs ministères fédéraux afin de discuter des nouveaux enjeux dans l'espace en ligne. Son travail porte plus précisément sur la coordination de l'engagement du gouvernement du Canada auprès du secteur des technologies sur les questions liées aux préjudices en ligne, notamment le CTEV, ainsi que sur la détermination des lacunes et des occasions dans la mise en œuvre par le gouvernement fédéral des engagements pris dans le cadre de l'Appel de Christchurch, y compris les moyens de mobiliser les organisations de la société civile et le secteur des technologies pour prévenir la radicalisation menant à la violence en ligne. Les personnes interrogées ont indiqué que ce groupe de travail constituait l'instance la plus efficace pour s'attaquer directement aux tendances actuelles et qu'il démontrait le leadership du Centre canadien et de SP sur la question du CTEV en ligne.

L'équipe chargée des politiques appuie le directeur général du Centre canadien en tant que représentant du gouvernement fédéral au Forum mondial de lutte contre le terrorisme sur Internet (FMLCTI), un consortium de plus de 40 entreprises technologiques dont l'objectif est de lutter contre le contenu terroriste et extrémiste violent en ligne. Le Canada a été l'un des pays fondateurs de ce groupe, créé en 2018, et est l'un des six gouvernements internationaux qui siègent à son comité consultatif indépendant. En 2025, le Centre canadien a organisé, conjointement avec le FMLCTI et la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme (DECT) des Nations Unies, une table ronde visant à favoriser la discussion et l'échange d'expériences entre plus de 50 praticiens de première ligne, représentants de l'industrie et du gouvernement qui travaillent à traiter, prévenir et contrer le contenu terroriste et extrémiste violent en ligne. La participation du Canada au FMLCTI constitue un outil essentiel pour mobiliser l'industrie au sujet du contenu terroriste en ligne. Par exemple, à la demande du Canada, le FMLCTI a activé ses protocoles auprès de ses 41 entreprises membres pour supprimer le contenu extrémiste en ligne à la suite des attentats de Tumbler Ridge en février 2026 et de Montréal en juin 2026.

La participation du Canada au Groupe de travail sur la lutte contre l'extrémisme violent de la réunion des ministres des cinq pays est également soutenue activement par l'équipe chargée des politiques. Ce groupe de travail sert de lieu d'échange d'information, de pratiques exemplaires, de discussions stratégiques et de prévention de l'extrémisme violent et de la violence ciblée entre les membres de la réunion des ministres des cinq pays. Le Canada (représenté par le Centre canadien) a présidé ce groupe de travail en 2025 et en 2026. Le Centre canadien est considéré comme un collaborateur précieux au sein de ces groupes et est réputé pour ses connaissances et ses réseaux dans le domaine de la LRV.

Renforcement des capacités par l'entremise du FRC

Constatation

Le Centre canadien a accru sa capacité à mener des activités de prévention et d'intervention grâce au financement de projets et au soutien apporté aux réseaux de praticiens. Il a également pris des mesures pour combler les lacunes dans les services de première ligne, en particulier dans certaines régions, bien que les communautés isolées et éloignées et les communautés autochtones restent mal desservies.

Le Centre canadien a intensifié ses efforts pour renforcer les capacités principalement de quatre manières : en appuyant des projets de prévention et d'intervention par l'entremise du FRC; en fournissant un soutien concret aux bénéficiaires du FRC pour faciliter la réalisation des projets; en soutenant les réseaux de praticiens et la professionnalisation dans le domaine de la LRV; et en prenant des mesures pour cerner et combler les lacunes et renforcer les capacités dans les régions mal desservies.

Les projets de prévention comprennent l'élaboration ou la prestation de formations, d'outils et de services destinés à empêcher la radicalisation menant à la violence des individus, tandis que les projets d'intervention visent davantage à fournir un soutien aux personnes présentant un risque élevé d'implication ou qui sont directement impliquées dans des activités d'extrémisme violent ou de violence découlant de la radicalisation.

Au cours de la période couverte par l'évaluation, le FRC a approuvé de nouveaux financements pour 27 propositions de projet issues du processus d'appel de demandes ouvert de 2021-2022 et 10 autres propositions de projet qui ont reçu un financement entre 2022-2023 et 2025-2026. Parmi ces projets, 14 étaient axés sur la prévention précoce et six sur les programmes d'intervention, bien que la plupart de ces projets comprennent également des éléments de prévention. Les autres projets avaient d'autres domaines d'intérêt (p. ex., axés principalement sur la recherche). Bon nombre de ces projets comportaient également des domaines d'activité supplémentaires, notamment la recherche, le renforcement des capacités, le réseautage et les jeunes. Les demandes retenues ont été évaluées en fonction des priorités établies par le Centre canadien. Ces trois priorités étaient les suivantes : repérer les préjudices, les vulnérabilités et les besoins; professionnaliser la pratique; et accroître la capacité de réagir aux répercussions.

Voici quelques exemples de projets de prévention financés par le FRC :

Il convient de noter que les données sur le rendement et les résultats étaient limitées ou étaient encore en cours d'élaboration pendant la période d'évaluation, ce qui a réduit la capacité d'évaluer les résultats à long terme des projets de prévention financés par le FRC.

Afin de soutenir la mise en œuvre de programmes d'intervention directe et de première ligne, un élément clé du travail du Centre canadien a consisté à déterminer et à soutenir la capacité de sept organismes de services de première ligne au Canada qui s'efforcent de contrer le risque d'extrémisme violent dans six provinces : le Québec, l'Ontario, la Colombie-Britannique, l'Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba. Les descriptions des services d'intervention soutenus par le FRC se trouvent à l'annexe A. À la fin de 2024, le Groupe d'évaluation des répercussions du Centre canadien a commencé à recueillir et à analyser des données de base auprès de ces organisations. Les documents et les entrevues semblent indiquer que les programmes de prévention et d'intervention de première ligne ont connu une augmentation importante de la demande pour leurs services au cours des dernières années. Au total, 362 clients ont reçu des services des organisations soutenues financièrement par le FRC en 2024-2025, la majorité de ces clients étant âgés de moins de 25 ans.

Soutien du Centre canadien pour la réalisation de projets et le renforcement des capacités professionnelles par l'entremise de réseaux

En plus du soutien financier qu'il fournit aux bénéficiaires par l'entremise du FRC, le Centre canadien collabore aussi activement avec les bénéficiaires, les praticiens et les organisations partenaires afin d'assurer des progrès continus pour renforcer les capacités dans le domaine de la LRV. Un bénéficiaire a indiqué que le Centre canadien fait preuve d'un certain niveau de responsabilisation en veillant à la réussite des projets qu'il finance et a également souligné les efforts du Centre canadien pour faciliter l'établissement de nouveaux partenariats et de nouveaux liens afin de faire progresser les travaux effectués sur le terrain. Les commentaires formulés par les participants au sondage auprès des intervenants mené en 2025 ont souligné le professionnalisme, la réactivité, l'esprit de collaboration, la communication ouverte, les vérifications régulières et l'engagement significatif du Centre canadien tout au long des projets financés.

Le Réseau des praticien·ne·s canadien·ne·s pour la prévention de l'extrémisme violent (RPC-PREV) est l'une des principales organisations que le Centre canadien a aidé à créer et à renforcer. Le RPC-PREV est un réseau professionnel, soutenu financièrement par le FRC, qui vise à réunir des praticiens de tout le pays et à mettre en place des pratiques fondées sur des données probantes afin de les former et de renforcer leurs capacités à lutter contre l'extrémisme violent. Par exemple, les sept programmes de services de première ligne sont reliés par le réseau Virtual Partners in Practice (VPiP) du RPC-PREV, qui offre aux praticiens un espace leur permettant de s'entraider, de tirer des enseignements de leurs pratiques et expériences respectives, et d'accéder à des formations et à des ressources. Grâce à l'engagement continu du Centre canadien, ces programmes et le RPC-PREV partagent activement leur expertise et sont collectivement devenus un modèle de prévention de première ligne reconnu à l'échelle internationale.

Les personnes interrogées ont reconnu le travail du Centre canadien pour soutenir la création de réseaux professionnels afin de renforcer les capacités dans le domaine de la LRV. En plus du soutien au RPC-PREV, les personnes interrogées ont également mentionné le soutien du Centre canadien à un récent projet financé par le FRC en collaboration avec l'Association canadienne des travailleuses et travailleurs sociaux, qui vise à offrir aux travailleurs sociaux de l'ensemble du Canada des possibilités professionnelles leur permettant de renforcer leurs connaissances et leurs capacités, ainsi que d'élargir leurs réseaux, afin de mieux prévenir et contrer l'extrémisme violent.

Cerner et combler les lacunes en matière de capacités

Bien qu'il ait réalisé des progrès positifs dans le renforcement des capacités nationales en matière de LRV, le Centre canadien a reconnu l'existence de disparités géographiques et constaté que certaines régions sont mal desservies sur le plan de la disponibilité de services de LRV et de praticiens. En réponse à une recommandation formulée lors de l'évaluation précédente, selon laquelle le Centre canadien devait renforcer son rôle de chef de file national, notamment en matière de sensibilisation des intervenants et des communautés, le Centre canadien a élaboré en 2023 une stratégie d'engagement des intervenants afin de définir une voie à suivre permettant de combler les lacunes constatées et de garantir que les besoins des différents intervenants soient pris en compte. S'appuyant sur cette stratégie et reconnaissant la nécessité de combler les disparités géographiques en matière de prévention et d'intervention, le Centre canadien a élaboré et mis en œuvre en 2025 un modèle de renforcement des capacités des intervenants dans les régions mal desservies, comprenant notamment un engagement actif dans le Canada atlantique qui a débuté en 2025-2026. Au 31 mars 2026, les activités de renforcement des capacités avaient touché plus de 800 professionnels des secteurs de la justice, de la santé, de l'éducation et des services sociaux, grâce à des formations en présentiel en Nouvelle-Écosse et à l'Île-du-Prince-Édouard, ainsi qu'à des webinaires et des ateliers ciblés sur le contexte de la menace.

Par ailleurs, le Centre canadien compte un membre à Halifax afin d'appuyer ces activités de renforcement des capacités grâce à une présence régionale. Les efforts déployés dans le Canada atlantique ont notamment permis d'améliorer les connaissances, la collaboration et la coordination avec un large éventail d'intervenants et d'intégrer plus de 40 professionnels au sein de la communauté de pratique nationale existante, dirigée par le RPC-PREV. Ces professionnels sont ainsi désormais en mesure d'apporter leur soutien dans le cadre de dossiers en cours et de renforcer la coordination intersectorielle face aux menaces émergentes.

Un autre résultat signalé est le suivant : après une séance de formation organisée par le Centre canadien destinée à la police et aux enseignants d'Halifax sur la détection des signes avant-coureurs de la radicalisation des jeunes, un employé du conseil scolaire a mis en pratique ce qu'il avait appris et a repéré le manifeste en ligne d'un élève annonçant son intention de commettre une fusillade de masse dans une école, ce qui a conduit à une intervention policière et à une arrestation.

Bien que ces efforts devraient continuer à faire des progrès positifs, les personnes interrogées ont noté que les communautés rurales, isolées, nordiques et autochtones restent mal desservies. L'événement de pertes massives survenu en 2026 dans la collectivité éloignée de Tumbler Ridge souligne la nécessité de combler les lacunes en matière de capacité dans ces endroits.

Leadership national en matière de LRV

Constatation

Le Centre canadien a assuré un leadership national en matière de LRV. Ce leadership est attribuable à une solide structure de base fournie par le modèle de centre d'excellence intégré du Centre canadien, ainsi qu'à la crédibilité et à l'expertise de son personnel et aux solides relations qui ont été établies et maintenues avec les partenaires, les intervenants et les alliés.

Le mandat principal du Centre canadien est d'assurer un leadership national en ce qui concerne les efforts du gouvernement fédéral en matière de LRV. Cela implique deux domaines de responsabilité clés.

Le premier concerne les travaux du Centre canadien visant à faire progresser les trois domaines prioritaires de la Stratégie nationale, notamment grâce à ses activités de mobilisation des connaissances, à son travail stratégique et à la gestion du FRC afin de développer et de renforcer les capacités dans le domaine de la LRV.

Le deuxième aspect de son rôle de chef de file national réside dans sa fonction de centre névralgique. Le Centre canadien facilite en effet la coordination, la mobilisation, la collaboration et le dialogue entre divers partenaires et intervenants actifs dans de multiples secteurs, tant au sein du gouvernement qu'en dehors de celui-ci.

Au gouvernement fédéral, le Centre canadien dirige de nombreux groupes de travail, comités directeurs et initiatives fédérales horizontales interministériels et intergouvernementaux, ou y participe. Bien que les personnes interrogées aient fait remarquer que certaines activités de lutte contre la radicalisation menant à la violence et de lutte contre l'extrémisme violent au sein du gouvernement fédéral demeurent cloisonnées, le Centre canadien joue un rôle précieux en facilitant l'échange d'information entre les partenaires et en favorisant le dialogue entre les organismes. Le leadership du Centre canadien au sein du groupe de travail interministériel sur le CTEV est un exemple de ces efforts.

Sur la scène internationale de la LRV, le Centre canadien représente le Canada dans divers forums où il collabore avec des gouvernements partenaires, ainsi qu'avec des chefs de file de la société civile et de l'industrie technologique. Les partenaires internationaux interrogés dans le cadre de l'évaluation ont fait l'éloge des contributions du Centre canadien dans ce domaine, le présentant comme un collaborateur précieux et un allié solide et fiable, et soulignant que son personnel dispose d'un réseau étendu et d'une grande expertise dans les domaines de la LEV et la LRV.

Le modèle de centre d'excellence intégré du Centre canadien s'est avéré favorable à la réalisation de ses objectifs. En particulier, le fait de disposer d'équipes spécialisées dans la recherche, les politiques, la mobilisation et l'élaboration de programmes, composées d'experts en la matière, a contribué à l'avancement des priorités de la Stratégie nationale.

Toutefois, bien que le modèle intégré fournisse une base structurelle solide pour l'exécution du mandat du Centre canadien, il ne suffit pas à lui seul. L'efficacité du Centre canadien dans l'exercice de son leadership national dépend également de la crédibilité et de l'expertise de son personnel, ainsi que de ses efforts pour établir et entretenir des relations solides. Grâce à la combinaison de ses forces structurelles et de sa réputation, le Centre canadien a été en mesure de participer à des travaux de LRV tant au pays qu'à l'étranger. Ce constat a été confirmé par le sondage du Centre canadien mené en 2025 auprès des intervenants, où 92 % des répondants ont indiqué qu'ils recommanderaient de travailler avec le Centre canadien; 85 % se sont déclarés satisfaits du travail du Centre canadien; et 70 % des répondants ont déclaré que le Centre canadien avait joué un rôle direct dans le renforcement de leurs partenariats. Les données recueillies lors des entrevues appuient également ces conclusions. Les personnes interrogées ont notamment souligné la forte concentration d'experts en la matière au sein du Centre canadien ainsi que leur accessibilité.

Efficience

Administration du FRC

Constatation

Les processus d'examen et d'approbation du FRC étaient assortis d'une surveillance et d'une gouvernance appropriées. Toutefois, des problèmes de coordination persistent et ont une incidence sur l'efficacité de l'administration des ententes de subventions et de contributions.

Gouvernance et processus du FRC

Le FRC a un modèle de gouvernance partagé avec la Direction générale des programmes (DGP) responsable de l'administration des subventions et des contributions (S et C) et le Centre canadien qui dirige l'orientation stratégique, y compris l'établissement des priorités pour les appels de propositions (AP) et la sensibilisation et la mobilisation des partenaires. Ce modèle de gouvernance partagée est soutenu par un groupe de travail (GT FRC) pour faciliter la coordination du FRC.

Les processus d'examen et d'approbation des propositions de financement du FRC ont fait l'objet d'une surveillance et d'une gouvernance appropriées. Le Centre canadien dirige le Groupe de travail interministériel sur la LRV, composé de membres de niveau opérationnel provenant de plusieurs ministères et organismes fédéraux partenaires. L'objectif du Comité interministériel est d'examiner les propositions de projets du FRC et de formuler des commentaires et des recommandations à leur sujet. Il existe également un Comité directeur du FRC (le Comité directeur), coprésidé par le directeur exécutif du Centre canadien et le directeur général de la Direction générale des programmes et composé de cadres supérieurs des mêmes organisations que le Comité interministériel. Le Comité directeur examine les recommandations du Comité interministériel et formule des recommandations de financement pour les propositions du FRC.

Le FRC a utilisé deux approches différentes pour attribuer ses fonds. La première était un appel de demandes ouvert en 2021-2022, qui a permis une large participation communautaire pour trouver des solutions de prévention. Au cours de ce processus, le FRC a reçu 130 demandes de financement sollicitant plus de 170 millions de dollars. Au final, 27 projets ont été sélectionnés, représentant un financement total de 32 millions de dollars.

Comme la plupart des projets sont pluriannuels, le FRC a utilisé une approche de sollicitation directe et ciblée, dans le cadre de laquelle la DGP et le Centre canadien ont stratégiquement sélectionné et priorisé huit projets à fort impact, représentant un investissement total de 8 millions de dollars. En 2024-2025, des fonds supplémentaires provenant d'une initiative de lutte contre l'antisémitisme ont été réaffectés au FRC au sein de SP et ont ensuite été appliqués pour soutenir des projets dans quatre organisations – deux au moyen de modifications aux accords existants et deux sous forme de nouveaux projets – totalisant 7 M$ en financement supplémentaire pour les projets. Au cours de chacun des trois derniers exercices, SP a affecté des fonds inutilisés d'autres programmes ministériels au FRC pour répondre à la forte demande des partenaires, comme le montre le tableau 1. Dans certains cas, des initiatives clés, comme le projet de réseau de recherche CANSES, ont été établies grâce à ces attributions supplémentaires tardives.

Tableau 1. Financement du FRC
Exercice financier Budget alloué au FRC Financement du FRC transféré d'autres programmes de financement de SP Total du financement du FRC % du financement du FRC transféré d'autres programmes de financement de SP
2023-2024 10,5 M$ 1,1 M$ 11,6 M$ 10,5 %
2024-2025 9,7 M$ 8,7 M$ 18,4 M$ 89,7 %
2025-2026 9,7 M$ 4,7 M$ 14,3 M$ 48,5 %

Bien que la majorité des personnes interrogées se soient déclarées favorables aux appels ouverts comme moyen de favoriser la transparence, l'accessibilité, la diversité, l'innovation et le renforcement des capacités au sein de la communauté, le consensus était que, compte tenu des fonds limités disponibles pour les projets du FRC, les appels ciblés ou sur sollicitation étaient l'approche la plus pratique pour combler les lacunes et les besoins existants dans le domaine de la LRV. Les montants dépassant les attributions prévues du FRC ont souvent été confirmés tard dans l'exercice. Même si cela démontre une forte demande pour le programme et la capacité du Centre canadien à déployer des fonds rapidement, cela crée également des défis pour les partenaires et ne représente pas une approche entièrement stratégique en matière de financement.

Il a également été noté que, compte tenu de l'enveloppe budgétaire limitée et des faibles chances d'approbation, il serait injuste de faire passer les organisations par le processus onéreux de préparation d'une demande de financement. Les personnes interrogées ont indiqué que la recherche d'un équilibre entre la tenue d'appels ouverts et les appels sollicités/ciblés serait l'approche optimale à l'avenir.

Défis liés à la coordination

Bien qu'une gouvernance suffisante ait été mise en place pour soutenir les processus d'examen et d'approbation du FRC, des défis importants ont été rencontrés en ce qui concerne la coordination entre le Centre canadien et la DGP. Certaines personnes interrogées ont fait remarquer que le Centre canadien communique souvent directement avec les bénéficiaires sans intervention de la DGP et que les bénéficiaires s'adressent souvent au Centre canadien pour poser des questions ou des demandes d'ordre administratif. Cette situation peut entraîner des incohérences dans les messages et accroître les difficultés administratives.

Il a également été noté que les agents de programme n'étaient souvent pas informés des modifications proposées aux accords existants en temps opportun pour mener à bien le processus d'approbation. Parmi les suggestions d'amélioration figuraient une communication plus claire et une collaboration plus précoce entre le Centre canadien et la DGP sur les dossiers urgents, ainsi que la sensibilisation accrue du personnel du Centre canadien aux conditions générales du FRC et aux processus de subventions et contributions de SP.

Les retards dans les processus et les procédures nécessaires à l'approbation des ententes et/ou des modifications, ainsi qu'au versement des fonds aux bénéficiaires en temps opportun, ont été considérés comme ayant des répercussions négatives tant sur les bénéficiaires que sur la réputation de SP. Au cours de trois des quatre derniers exercices, les résultats du FRC ont été bien en deçà des cibles et des moyennes ministérielles en matière de normes de service pour communiquer une décision de financement dans les 30 semaines suivant la réception d'une demande dûment remplie. En 2021-2022, la cible ministérielle était de 95 % et la moyenne de 75 %, le FRC a déclaré 33 %. En 2022-2023, la cible ministérielle était de 95 % et la moyenne a chuté à 43 %, le FRC a déclaré 1 %. En 2023-2024, la cible ministérielle était de 80 % et la moyenne de 88 %, le FRC a déclaré 13 %. En 2024-2025, le FRC a atteint la cible ministérielle de 80% en affichant un taux de 83 % et une moyenne ministérielle de 69 %.

Ces retards affectent la rapidité du versement des fonds et peuvent avoir des répercussions sur la capacité des bénéficiaires à planifier et à mettre en œuvre leurs projets. Ces constatations soulignent la nécessité de mettre en place des mécanismes de coordination plus solides, en particulier dans les situations où les besoins urgents des communautés nécessitent une harmonisation plus étroite entre les autorisations budgétaires et l'expertise en matière de politiques.

Il a également été suggéré que, bien que des fonds aient été attribués à la DGP pour financer six ETP dédiés à la gestion du FRC, aucun de ces postes n'a été doté par un agent de programme spécialisé du FRC.

Une personne interrogée à l'interne a indiqué qu'il pourrait être avantageux d'avoir des agents de programme spécialisés au sein du Centre canadien afin de simplifier les processus administratifs et de régler certains des problèmes relevés.

Bien qu'il existe un groupe de travail dédié à la gestion administrative du FRC (GT FRC), les personnes interrogées à l'interne ont fait remarquer que ce groupe n'avait pas exploité son plein potentiel pour devenir un mécanisme utile visant à favoriser l'échange d'informations et à traiter les problèmes et les préoccupations, et qu'il servait plutôt à discuter de questions techniques et de besoins urgents au fur et à mesure qu'ils se présentaient.

Les points de vue des bénéficiaires sur les processus administratifs du FRC étaient mitigés. Certains n'ont rencontré aucun problème, tandis que d'autres ont signalé une charge administrative démesurée et des retards qui ont créé des difficultés pour la planification et la mise en œuvre des projets. Cependant, la majorité des bénéficiaires ont convenu que leurs relations avec les agents de programme et le personnel du Centre canadien étaient positives, constructives et utiles.

Lacunes et obstacles actuels ou potentiels

Les personnes interrogées ont décrit un certain nombre de lacunes ou d'obstacles actuels et potentiels ayant une incidence sur la capacité d'atteindre les objectifs du programme. L'une des principales préoccupations est que le FRC est sursouscrit et incapable de répondre à la demande actuelle. Cela a également eu une incidence sur la capacité d'élargir le champ d'action parce que les fonds limités alloués au budget du FRC ont empêché un appel de propositions ouvert qui donnerait au Centre canadien l'occasion de soutenir différentes organisations et approches.

Du côté des bénéficiaires, il a été noté que les niveaux de financement actuels et les ententes quinquennales étaient insuffisants pour soutenir la planification stratégique, en particulier des services de prévention de première ligne, qui ont connu une augmentation de la demande au cours des dernières années. Une augmentation du financement et des ententes d'une durée de dix ans ont été suggérées pour aider les services de première ligne à répondre à cette demande. En avril 2026, le Conseil du Trésor a approuvé les modalités révisées du FRC afin de permettre la conclusion d'ententes de dix ans.

Des disparités géographiques subsistent, les collectivités rurales et isolées étant toujours mal desservies, et la nécessité de poursuivre les activités de sensibilisation et de renforcement des capacités dans des régions comme le Canada atlantique demeure. Il a été noté que ces lacunes empêchent la mise en place d'une véritable infrastructure nationale de prévention.

Conclusions

Les priorités et les objectifs de la Stratégie nationale, y compris le mandat du Centre canadien d'assurer un leadership national dans l'approche du gouvernement fédéral en matière de lutte contre la radicalisation menant à la violence, ont été jugés pertinents. Le modèle du Centre canadien, dans lequel ses fonctions essentielles sont intégrées dans un centre d'excellence, soutient la mise en œuvre du mandat national de leadership du Centre canadien et sa promotion des domaines prioritaires définis dans la Stratégie nationale.

Le Centre canadien a amélioré les connaissances sur la LRV en créant des unités de recherche internes spécialisées et en finançant des activités externes de recherche et de mobilisation des connaissances dans le cadre du FRC. D'autres efforts de recherche et de mobilisation des connaissances ont été soutenus directement ou indirectement par le Centre canadien au moyen d'événements, d'ateliers, de formations et de séances d'échange d'information destinés aux intervenants. L'événement annuel Megaweek a été considéré comme très utile. Bien que les recherches et les rapports sur la LRV produits ou financés par le Centre canadien aient été jugés utiles, l'amélioration de leur accessibilité et de leur disponibilité a été considérée comme un domaine pouvant être amélioré.

L'équipe chargée des politiques du Centre canadien a renforcé le travail stratégique en matière de LRV en fournissant une orientation stratégique et un soutien aux partenaires et aux intervenants, ainsi qu'en dirigeant divers groupes de travail et comités et en y participant, y compris au niveau de la haute direction. Le Centre canadien représente le Canada sur la scène internationale en participant et en soutenant divers organismes internationaux ou multilatéraux, et en faisant progresser les objectifs du gouvernement du Canada en matière de LRV.

Le Centre canadien favorise le renforcement des capacités dans le domaine de la LRV en appuyant la réalisation de projets de prévention et d'intervention directs ou indirects. Cela comprend le financement du FRC, ainsi que le soutien aux réseaux de praticiens et à la professionnalisation dans le domaine de la LRV.

Bien que ces efforts de renforcement des capacités aient été jugés essentiels pour développer les capacités dans ce domaine, des lacunes ont été relevées concernant la capacité du FRC à assurer la pérennité à long terme des prestataires de services de première ligne et la portée de ces services dans certaines régions du Canada, ainsi que dans les communautés isolées, éloignées et autochtones. Le Centre canadien s'est efforcé de combler certaines de ces lacunes en élaborant une stratégie de mobilisation pour le Canada atlantique et en organisant des activités de sensibilisation et de renforcement des capacités en 2025-2026.

Malgré la mise en place de processus et de structures de gouvernance destinés à soutenir la surveillance du FRC, des défis importants ont été rencontrés en ce qui concerne le niveau de coordination entre le Centre canadien et la DGP. Cette situation est principalement attribuable à un manque de voies de communication et de coordination claires entre le Centre canadien et les agents de programme de la DGP, ce qui a eu une incidence négative sur l'approbation et le financement des accords du FRC et la mise en œuvre des projets de LRV. De plus, les niveaux actuels de financement du FRC et la nécessité d'accroître la sensibilisation dans les régions mal desservies ont été identifiés comme des lacunes et des obstacles potentiels actuels et futurs ayant une incidence sur la mise en œuvre du mandat du Centre canadien et du FRC.

Dans l'ensemble, le Centre canadien a fait preuve d'une grande efficacité dans la poursuite des objectifs de la Stratégie nationale et dans le soutien du développement du domaine de la LRV au Canada. Son modèle intégré, l'accent mis sur la collaboration et la mobilisation, et ses solides relations avec les intervenants lui ont permis d'obtenir des résultats significatifs dans l'ensemble de ses fonctions essentielles. En même temps, le Centre canadien fonctionne dans un environnement complexe qui présente des défis constants liés à la coordination, aux ressources limitées et aux disparités de capacité entre les régions. Il sera essentiel de relever ces défis, tout en préservant les forces du modèle actuel, pour maintenir et améliorer l'impact du Centre canadien au fil du temps.

Recommandations

  1. Le sous-ministre adjoint principal, Secteur de la sécurité nationale et de la cybersécurité, devrait : Élargir les activités de sensibilisation afin de renforcer la capacité de lutte contre la radicalisation menant à la violence dans les régions rurales, éloignées et mal desservies du Canada.
  2. Le sous-ministre adjoint principal, Secteur de la sécurité nationale et de la cybersécurité, ainsi que le sous-ministre adjoint principal, Secteur de la prévention du crime, devraient : Examiner les possibilités d'améliorer la communication et la coordination entre le Centre canadien et la DGP à l'appui du Fonds pour la résilience communautaire.
  3. De façon plus générale, alors que le Ministère modernise ses programmes de subventions et de contributions, il devrait envisager des approches qui favorisent une affectation plus stratégique et plus souple des fonds aux questions de sécurité publique émergentes et prioritaires, en particulier dans les domaines où la demande avérée dépasse les ressources disponibles.

Plan d'action de la gestion

Recommandation 1

Évaluer les besoins régionaux ainsi que les possibilités d'élargir les programmes de prévention dans les régions rurales, éloignées et mal desservies.
Date d'achèvement prévue : 30 septembre 2027

Élaborer et mettre en œuvre un plan pluriannuel révisé de mobilisation des intervenants afin de répondre aux besoins des régions rurales, éloignées et mal desservies.
Date d'achèvement prévue : 30 septembre 2028

Recommandation 2

Établir conjointement une approche de gouvernance intégrée afin de soutenir une prestation de programmes coordonnée et opportune.
Date d'achèvement prévue : 30 septembre 2027

Annexe A

Services d'intervention appuyés par le FRC

Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV) (Québec) – Le CPRMV mène des actions de prévention à tous les niveaux, en axant ses activités principales sur l'éducation, la recherche et l'intervention.

Centre intégré universitaire de santé et services sociaux du Centre-Ouest de l'île de Montréal : La Clinique Polarisation (Québec) – La Clinique Polarisation se concentre sur les patients ayant des convictions idéologiques extrémistes ou une propension à la violence, associées à des troubles de santé mentale sous-jacents pouvant être traités dans un cadre clinique.

Société John Howard d'Ottawa (SJHO) : Projet ReSet (Ontario) – Le projet ReSet vient en aide aux personnes exposées à des risques de violence ciblée motivée par la haine, les préjugés ou une idéologie extrémiste, ou qui y participent. Le programme propose une gestion de cas personnalisé et intensif aux participants, qu'ils se trouvent au sein de la communauté, en détention ou en phase de réinsertion sociale. Il est offert dans tout l'Est de l'Ontario.

Yorktown Family Services : le programme Estimated Time of Arrival (ETA) (Ontario) – Le programme ETA est un service multidisciplinaire d'accès rapide offert dans la Ville de Toronto et dans une grande partie de l'Ontario, qui offre des interventions et du soutien en ligne et hors ligne aux personnes à risque d'être exposées à l'extrémisme violent ou qui sont déjà aux prises avec ce phénomène.

Organisation pour la prévention de la violence (OPV) : Le programme Evolve (Alberta, Saskatchewan et Manitoba) – Le programme Evolve combine des services de santé mentale et de soutien psychosocial à un mentorat afin de réduire les facteurs de risque et de renforcer les facteurs de protection chez les personnes à risque ou déjà impliquées dans des actes de violence ciblée.

Service de police de Calgary : Programme ReDirect de Calgary (Alberta) – L'équipe ReDirect est composée d'un policier, d'un travailleur social et d'un clinicien de Recovery Alberta, et a une capacité maximale de dix clients par année. Ils travaillent également avec les familles et d'autres acteurs de la prévention liés aux jeunes à risque.

Shift BC (Colombie-Britannique) – Shift BC est un programme dirigé par des civils. Il crée des centres multiagences pour mobiliser les personnes vulnérables et offrir des interventions personnalisées en partenariat avec les municipalités, les organismes communautaires et les organismes d'application de la loi.

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